Les risques naturels

Les travaux préparatoires sur la piste longue de l’aéroport de Mayotte comprennent des études et analyses approfondies sur les risques naturels. Elles ont été réalisées en 2020 et 2021. L’objectif est que la piste longue soit conçue pour résister aux séismes et aux vagues importantes générées par des cyclones ou des tsunamis, renforcés par la hausse du niveau de la mer.

Trois éléments de contexte sont intégrés à l’horizon de 100 ans (durée de vie fixée pour l’ouvrage) :

  • la poursuite de l’enfoncement (subsidence) des îles de l’archipel de Mayotte (c’est-à-dire leur lent affaissement dans le lagon) et des risques accrus de séismes et de tsunamis avec le nouveau volcan sous-marin Fani Maroé, situé à 50 kilomètres à l’est de Petite-Terre ;
  • la hausse du niveau de la mer due à la subsidence de l’île et au changement climatique : + 2,28 mètres d’ici à 100 ans ;
  • des vagues engendrées par des cyclones ou des tsunamis plus importantes et plus puissantes dans l’avenir, en raison de la proximité du volcan Fani Maoré et des effets du changement climatique.

Le sujet est complexe et a nécessité des investigations et des études pointues dans les domaines de la géologie, de la géotechnique et de l’hydrodynamique (étude des mouvements de l’eau en fonction des marées, des courants, de la houle, des vents, etc.).

Elles ont permis de définir les dispositions nécessaires pour sécuriser la piste longue :

La stabilité du fond sous-marin

Elle sera assurée par des dispositions spécifiques pour :
 

  • les sables coraliens, qui pourraient se désagréger sous l’effet d’un séisme important : ils seront extraits ou consolidés, pour éviter ce phénomène ;
  • les sols marins contenant des argiles, qui pourraient se tasser sous le poids du remblai-digue supportant la piste : le remblai-digue supportant la piste longue sera réalisé en deux étapes, afin que le tassement ne se fasse pas après sa mise en service.

La carapace de protection de la digue

Elle sera constituée d’enrochements et d’accropodes (objets en béton conçus pour résister à l’action des vagues). Les volumes nécessaires pour ces blocs sont très importants, notamment à l’extrémité sud de la piste longue qui demande la plus forte protection : environ 16 m3 par bloc pour le scénario 2 et jusqu’à 44 m3 par bloc pour le scénario 1, contre des accropodes d’un volume de 2,5 m3 aujourd’hui sur la piste actuelle.

Exemple du scénario 2

Ces résultats ont les incidences suivantes :
 

  • l’extrémité sud de la future piste sera la plus exposée aux risques de vagues importantes ;
  • dans le scénario 2, l’extrémité actuelle devra être renforcée ;
  • le scénario 1 nécessite des accropodes de 44 m3, or des blocs d’un tel volume ne peuvent pas être techniquement réalisés. De ce fait, l’extrémité sud du scénario 1 ne peut pas être protégée des vagues les plus importantes.

La hauteur de l’ouvrage

La piste longue sera plus haute que la piste actuelle. Elle s’établira à 7,5 mètres au-dessus du niveau de la mer au nord et à 8,8 mètres au sud, contre une hauteur de la piste actuelle minimale de 2,7 mètres au nord et maximale de 7,2 mètres au sud.
L’altimétrie de la future piste longue et la topographie du fond marin feront l’objet d’un suivi sur le long terme afin de prendre en compte d’éventuelles altérations dues au nouveau contexte sismo-volcanique de Mayotte.