Le scénario d’aménagement

Les études réalisées pour le débat public de 2011 ont montré qu’une piste longue permet des vols long-courriers directs vers la Métropole avec le plein de passagers, par une large gamme d’avions gros porteurs et quelles que soient les conditions météorologiques.

À l’issue du débat public, l’État a décidé de poursuivre le projet de piste longue adaptée aux vols long-courriers « par le lancement d’études complémentaires pour les deux scénarios (voir ci-dessous), afin d’en affiner la comparaison » en particulier sur les sujets de l’insertion environnementale, de la provenance et de la qualité des matériaux nécessaires à la réalisation, du maintien de l’accessibilité de Mayotte durant le chantier et des coûts et des modalités de financement.

C’est l’objet des travaux préparatoires en cours. Ils permettent de définir les caractéristiques de la piste longue et de les sécuriser techniquement et juridiquement. L’objectif est d’aboutir, dans quelques mois, au choix d’une solution optimale sur les plans à la fois technique, environnemental et de coût.

Les thèmes approfondis aujourd’hui sont les suivants :

  • dimension technique de la piste longue : axe de la piste, longueur, largeur, hauteur, etc. ;
  • risques naturels (sismiques, volcaniques, cycloniques…) ;
  • impacts et mesures pour l’environnement ;
  • gisements et transports de matériaux ;
  • organisation du chantier ;
  • évaluation socio-économique ;
  • précision de l’estimation des coûts, du montage juridico-financier et du calendrier de réalisation.

Les scénarios issus du débat public

Conformément à la décision de l’État du 7 mai 2012, les approfondissements techniques, environnementaux et socio-économiques conduits aujourd’hui portent sur les deux scénarios issus du débat public. Différentes optimisations de ces scénarios permettent de prendre en compte l’évolution des flottes d’avions dans les dernières années, la réduction de l’impact du projet sur l’environnement et leur résilience face aux risques naturels.

Scénario 1

Ce scénario s’envisage en deux étapes :

  • étape 1 : l’allongement de la piste actuelle au sud à 2 310 mètres ;
  • étape 2 : la réalisation d’une piste convergente de 2 600 mètres s’appuyant sur l’allongement de la piste actuelle.

Ce scénario se caractérise par un impact de l’allongement de la piste (étape 1) sur le fonctionnement du lagon et la nécessité pour les riverains de Pamandzi et de Labattoir d’attendre la mise en œuvre de l’étape 2 pour avoir une diminution de leur exposition au bruit des avions.

Scénario 2

La piste convergente, de 2 600 mètres, prend directement appui sur l’extrémité sud de la piste actuelle.

Ce scénario se caractérise par :

  • une moindre emprise au sud sur le lagon qu’avec l’allongement de la piste (scénario 1, étape 1) mais davantage au nord ;
  • une amélioration plus rapide des nuisances subies par les habitants de Pamandzi et de Labattoir, le nouvel axe de piste n’étant plus orienté sur les populations riveraines.

Il nécessite de réaliser l’ensemble de l’investissement sans phasage.

Les résultats de l’étude opérationnelle (2021)

Conduite de septembre 2020 à l’été 2021, l’étude opérationnelle a eu pour objet de comparer les deux scénarios d’implantation de la piste longue et les longueur et largeur de piste nécessaires pour garantir des liaisons aériennes directes par tous les temps – hors quelques conditions extrêmes – entre Mayotte et la métropole.

L’étude aboutit aux résultats suivants :

  • le scénario privilégié à ce stade est le scénario 2. Les éléments de la comparaison complète entre les scénarios 1 et 2 restent à approfondir sur certains points mais, en première approche, le scénario 1 présente davantage d’impacts sur le fonctionnement du lagon du fait de l’extension de la piste actuelle au sud, nécessite davantage de matériaux, est plus sensible aux risques naturels (dans sa première étape d’extension de la piste au sud) et est plus coûteux ;
  • la longueur de piste permettant de répondre au besoin est de 2 510 mètres, y compris en tenant compte de l’évolution prévisible des flottes d’avions. Les longueurs et largeurs de remblais sont aujourd’hui optimisées (largeur de 250 mètres au lieu de 210 mètres auparavant, longueur de 2 690 mètres), pour réduire les emprises sur le lagon et minimiser les volumes de matériaux nécessaires.

Les choix finaux sur ces grandes caractéristiques de la piste longue restent à effectuer dans les mois qui viennent au regard des résultats des autres études (environnement, risque naturels, matériaux, socio-économie…).

Remblai ou pilotis : quelle solution de construction ? (2022)

Une expertise sur les solutions de construction envisageables pour la piste longue a été réalisée en 2021 : solution de construction de la piste longue en remblai-digue (identique à l’extension de la piste actuelle sur le lagon au sud) et une solution en dalles sur pilotis. Elle apporte des arguments en faveur du remblai-digue.

En effet, il apparaît que :

  • la solution sur pilotis ne serait pas compatible sur les deux tiers de la longueur de la nouvelle piste avec les dégagements aéronautiques latéraux de la piste actuelle, impératifs pour faire décoller et atterrir des avions sur la piste actuelle. De ce fait, la desserte aérienne de Mayotte ne pourrait pas être maintenue dans les conditions actuelles pendant la majeure partie des travaux de construction de la piste longue. De plus, elle serait complexe et coûteuse à mettre en œuvre en raison de la configuration du sol sous-marin et des besoins très importants en granulats pour ouvrages en béton, à faire venir de Grande-Terre ;

  • au contraire, la solution en remblai-digue serait compatible avec le maintien de l’intégralité de la desserte aérienne de Mayotte pendant la construction de la piste longue, utiliserait davantage de matériaux de remblai mais qui sont disponibles sur Petite-Terre (matériaux extraits des collines du Four-à-Chaux et de Labattoir), serait moins coûteuse et plus rapide à mettre en œuvre. Un remblai-digue serait également plus aisément réparable que des dalles sur pilotis en cas d’événement météorologique majeur.

Comme pour le choix des scénarios d’implantation, la décision sur la solution de construction reste à effectuer dans les mois qui viennent au regard des résultats des autres études (environnement, risque naturels, matériaux, socio-économie…).